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Commomération du décès du leader Bourguiba... Saïed à Monastir

La Tunisie commémore aujourd’hui, lundi 6 avril 2026, le 26ᵉ anniversaire du décès du défunt leader Habib Bourguiba (1903-2000), lors d’une cérémonie officielle sous la supervision du président de la République, Kaïs Saïed, qui s’est rendu ce matin à Monastir.

Bourguiba : le leader de la Tunisie moderne et fondateur de la République

Habib Bourguiba, fondateur de la République tunisienne, est né le 3 août 1903 dans le quartier de Tripolitaine à Monastir. Il était le plus jeune de ses huit frères. Il a effectué ses études secondaires à l’Institut Sadiki, puis à l’Institut Carnot à Tunis, avant de partir à Paris en 1924 après l’obtention de son baccalauréat. Il s’inscrit alors à la Faculté de droit et des sciences politiques, où il obtient sa licence en 1927, avant de revenir en Tunisie pour exercer la profession d’avocat.

Bourguiba s’est marié pour la première fois avec la Française Mathilde, qui avait 12 ans de plus que lui et était veuve d’un officier français décédé pendant la Première Guerre mondiale. Il a eu avec elle son unique fils, Habib Bourguiba Jr. Le couple a divorcé après 22 ans de mariage, mais Bourguiba est resté attentionné à l'égard de Mathilde, jusqu’à son décès en 1976., malgré un deuxième mariage, cette fois avec Wassila Ben Amma,r le 12 avril 1962.

Habib Bourguiba a rejoint le Parti libre destourien (constitutionnel), en 1933, mais il en démissionna la même année pour fonder le Nouveau Parti libre destourien (le Néo-Destour) le 2 mars 1934 à Ksar Hlal, en compagnie de Mahmoud Matri, Tahar Sfar et Bahri Guiga.

Après des années de lutte contre le colon français et de multiples arrestations, Bourguiba est revenu en Tunisie pour fonder le premier gouvernement après l’indépendance.

Le 13 août 1956, il promulgua le Code du statut personnel, considéré comme l’un de ses accomplissements majeurs. Ce code contenait des mesures révolutionnaires, telles que l’interdiction de la polygamie et l’organisation du divorce par les tribunaux, et reste admiré au niveau international jusqu’à aujourd’hui.

Le 25 juillet 1957, la monarchie fut abolie et la République proclamée : le roi Mohammed El Amin Bey fut destitué et Habib Bourguiba élu premier président de la République. La consolidation de la souveraineté nationale se poursuivit, avec le départ du dernier soldat français le 15 octobre 1963 et l’expulsion des colons des terres agricoles.

De nombreuses réformes modernisatrices furent mises en œuvre, comme la gratuité et l’obligation de l’enseignement, ainsi que l’unification du système judiciaire.

Le 27 décembre 1974, la Constitution fut amendée pour prolonger la présidence de Bourguiba à vie.

Visionnaire et progressiste, Bourguiba œuvra à transformer la perception traditionnelle tunisienne du rôle de la femme et du mariage, tout en élevant le niveau éducatif, économique et culturel des citoyens. Rapidement après l’indépendance, il fit adopter des lois interdisant la polygamie, autorisant l’avortement, fixant l’âge légal du mariage à 20 ans pour les garçons et à 18 pour les filles, et permettant l’adoption.

Bourguiba resta à la tête de la Tunisie jusqu’au coup d’État mené par le président Zine El Abidine Ben Ali le 7 novembre 1987, événement plus tard appelé « la Glorieuse Transition ».

Habib Bourguiba est décédé le 6 avril 2000 et a été inhumé dans sa ville natale de Monastir, lors d’une cérémonie à laquelle ont assisté de nombreux dirigeants arabes et internationaux, laissant aux Tunisiens le souvenir d’un des plus grands artisans de l’État moderne.

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